Editorial
En ce début de 21e siècle, les pouvoirs publics, les employeurs, les services de santé au
travail et les médecins du travail sont confrontés à des grands défis dont l'acuité les met
en demeure d'engager au plus vite sinon une révolution, du moins une réforme en
profondeur dont nous percevons l'ampleur chaque jour plus précisément.
L'importance des enjeux peut être mesurée par au moins deux phénomènes marquants
en santé au travail ; d'une part, l'implication de l'état dans sa déclinaison politique au
travers des plans santé - travail et d'autre part, la participation de plus en plus marquée
d'experts de sensibilités différentes. Les acteurs de la santé au travail, attachés à leur
mission, n'en sont pas moins face à un paradoxe qui fait cohabiter une réglementation
exigeante, persistante et disproportionnée avec le besoin de la modification en profondeur
de leurs pratiques et de leurs conditions d'exercice. L'activité des professionnels de santé
au travail sera sous tendue par au moins deux champs importants : celui des indicateurs
quantifiés de risques et de pathologies et une pratique basée de plus en plus sur des
référentiels et recommandations validés.
Il est donc urgent d'ouvrir des pistes pour le 21e siècle à travers, au moins, 4 grandes
questions dont les réponses assureront demain, pour une grande part, le socle de la santé
au travail.
- Comment identifier, quantifier et prévenir les risques professionnels des processus
pathologiques à effets différés tels que les cancers ?
- Face à une nouvelle exigence de bien être au travail, comment agir pour modifier les
organisations du travail délétères ?
- Dans une société où la pyramide des âges impose que les actifs prolongent leur carrière
au-delà de 60 ans, comment identifier et agir sur les facteurs de vieillissement précoce
au travail pour permettre aux salariés vieillissants de poursuivre leurs carrières dans les
meilleures conditions.
- Enfin, comment doit s'organiser la santé au travail pour répondre à ces enjeux : quels
acteurs, quels rôles, quelles formations ? Quels réseaux pour la santé au travail ?
Pr Jean-Marc SOULAT
Président du Comité Scientifique
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