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Thèmes

  • → Thème 1 : Maintien dans l’emploi : travailleurs vieillissants, pénibilité, maladie chronique, handicap, prévention de la désinsertion

    Jean-Michel Domergue, Gérard Lasfargues, Yves Roquelaure

    La thématique du maintien dans l’emploi constitue aujourd’hui un enjeu majeur de santé au travail. Elle pose en effet la question de la durabilité et de la qualité du travail dans un contexte de fragmentation des parcours professionnels, de flexibilité du travail et de prévalence forte de certains facteurs de pénibilité. Les enjeux sont encore renforcés du fait de la vulnérabilité accrue des populations (travailleurs vieillissants…), d’augmentation de prévalence des maladies chroniques ou d’usure professionnelle.

    Pouvoir assurer un travail soutenable, un maintien durable d’un emploi et un travail de qualité suppose de développer une stratégie opérationnelle s’appuyant sur des objectifs partagés entre les différents acteurs et dispositifs (soins, prévention, entreprise…). Elle suppose aussi la mise en œuvre de moyens coordonnés et hiérarchisés permettant de développer des environnements de travail capacitants et des marges de manœuvre suffisantes pour protéger la santé des personnes et des collectifs et assurer leur bien-être au travail.
    Les séances plénières permettront de développer ces grandes notions à partir d’expériences réussies en France et aussi à l’étranger, mais aussi de préciser et discuter la place des médecins du travail et des équipes pluridisciplinaires des services de santé au travail, acteurs incontournables du dispositif. Plusieurs questions importantes ressortent notamment pour les médecins du travail : comment mieux agir en amont et/ou précocement pour prévenir la désinsertion ? Comment mieux développer les partenariats entre acteurs de soins, notamment les médecins généralistes, et les médecins du travail ? Quels besoins et spécificités de formations en découlent pour les différents acteurs ? Quels outils (réglementaires ou non) utiliser et pour quelle finalité ? Comment s’intégrer dans une offre coordonnée en faveur du maintien durable dans l’emploi ? Comment appréhender les questions déontologiques et éthiques du maintien dans l’emploi ?
    L’appel à communications portera en priorité sur les expériences et actions permettant d’apporter plus particulièrement des réponses à ces différentes questions.

  • → Thème 2 : Approches préventives par branche professionnelle dans les Services de santé au travail

    Jean-François Gehanno, Jean-Michel Sterdyniak

    Dans un processus qui est allé en s’amplifiant ces dernières années, les Services de Santé au Travail, parallèlement aux actions en entreprise, ont cherché à mettre en place des actions de prévention par branche professionnelle. Ces démarches se sont souvent inscrites dans un cadre pluridisciplinaire et pluri-institutionnel original et novateur, caractérisé notamment par la mutualisation des moyens et des expériences. Ces approches ont pu concerner des branches professionnelles très diverses quant à l’activité ou au nombre de salariés.

    Les séances plénières seront l’occasion d’en présenter deux exemples : les métiers de la propreté et le secteur de la santé.
    Les métiers de la propreté, en plein essor, sont présents dans tous les secteurs et lieux d’activité, des plus traditionnels (domicile, ateliers, bureaux, espaces commerciaux...) aux plus sensibles relevant de l’ultra propreté (industries nucléaires, milieux de soins, agro-alimentaire). Ces métiers comportent des risques inhérents à la profession mais aussi liés au contexte (diversité des lieux d’intervention, exigences croissantes des clients, non reconnaissance du travail) ou encore aux organisations et conditions de travail (sites dispersés, horaires décalés, cumuls d’emplois, temps partiels). Dans ce secteur concurrentiel, caractérisé par une majorité de petites entreprises et une population salariée vieillissante, le suivi médical est complexe, les actions de prévention difficiles et aléatoires et les approches par branche peuvent prendre là tout leur sens. Le secteur de la santé regroupe plus d’un million de personnes, auquel il faut rajouter les nombreux professionnels libéraux. Cette session s’intéressera notamment aux risques chimiques, depuis les chimiothérapies jusqu’aux nouveaux anticorps, qui concernent l’ensemble des professionnels, incluant ceux au domicile. La santé des professionnels libéraux sera également évoquée. Des actions de terrain multidisciplinaires seront mises en valeur.

    L’appel à communications porte prioritairement sur les actions de branches mises en place par les équipes de santé au travail, notamment des actions d’identification et de prévention des risques professionnels, de préservation de la santé au travail, de prévention de la désinsertion professionnelle et d’aide au maintien dans l’emploi.

  • → Thème 3 : Actualités autour des pathologies professionnelles

    Vincent Bonneterre, Dominique Choudat

    Cette session abordera principalement deux aspects distincts de l’actualité des pathologies professionnelles.
    En premier lieu, l’accent sera mis sur les pathologies professionnelles nouvellement décrites et celles en cours d’investigation. Seront abordées les méthodes mises en place en France et à l’étranger pour assurer la capture des signaux susceptibles de témoigner de nouvelles pathologies professionnelles, leur investigation précoce, et la gestion appropriée des signalements confirmés. Les pathologies émergentes décrites et investiguées actuellement par ces systèmes sentinelles seront présentées. En complément, les « moteurs » de l’émergence de nouvelles pathologies professionnelles seront également discutés par un intervenant de l’EU-OSHA : modifications du travail, nouvelles industries comme les « emplois verts », substitution par des substances dont les effets sont moins connus, etc.
    Dans un deuxième temps, nous verrons ce que les principaux systèmes de surveillance sont en mesure de nous apprendre sur l’actualité des pathologies professionnelles. En particulier, quelles sont les tendances évolutives mises en évidence relativement aux TMS, aux pathologies allergiques, à la souffrance psychique attribuée au travail ? La place du médecin du travail de terrain au cœur de cette veille sanitaire (surveillance et émergence) sera discutée.
    L’appel à communications porte sur toutes les questions d’actualité concernant les pathologies professionnelles, en particulier : la survenue de pathologies professionnelles classiques mais associées à de nouvelles circonstances d’exposition, la mise en évidence de pathologies nouvelles ou préalablement sous-estimées, la mise en évidence de nouveaux facteurs de risque, le suivi d’indicateurs d’incidence ou de prévalence, la présentation de nouvelles expériences concernant le diagnostic ou la prise en charge des maladies professionnelles.

  • → Thème 4 : Missions des Services de santé au travail : de la législation à la mise en œuvre pratique

    Hélène Garrabé, Damien Léger, Jean-Marc Soulat

    La Loi du 20 juillet 2011 et les décrets du 30 janvier 2012 avaient pour objectifs principaux de rapprocher la réglementation française de la directive cadre européenne de 1989, d’étendre la pluridisciplinarité, de permettre l’espacement des visites médicales périodiques, d’insister sur la prévention primaire et surtout, de décliner les missions des services de santé au travail dans une démarche de projet. Alors que le bilan de la mise en place de cette réforme est mitigé dans un contexte de chute de la démographie des médecins du travail, le décret du 28 juillet 2011 pour la Fonction publique d’Etat, s’il instaure la création des CHSCT, reste dans une vision très médicalisée de la prévention des risques professionnels. Les textes de la Fonction publique territoriale ou hospitalière évoluent peu ou pas du tout. Une mission « Aptitude et Médecine du Travail » menée par l’Inspection Générale des Affaires Sociales a émis des propositions en mai 2015. Elle a donné lieu à un certain nombre de critiques et seuls quelques aspects ont été repris sur le plan législatif dans la Loi sur le Dialogue Social et l’Emploi  (Loi Rebsamen promulguée en août 2015). Alors même que de nombreux services de santé au travail ou de nombreuses administrations ne peuvent souscrire aux obligations réglementaires du suivi médical individuel des salariés, l’essentiel paraît oublié. La prévention des risques professionnels est bâtie sur l’obligation pour tout employeur de préserver la santé et la sécurité de ses salariés avec une obligation de résultats. Dans ce contexte, les Services de Santé au Travail ont un rôle de conseil auprès des employeurs, des salariés et de leurs représentants. Pris entre des logiques contradictoires, avec un suivi des salariés qui reste centré sur la visite médicale et l’aptitude, que mettent en place les Services de Santé au Travail ?
    Les séances plénières aborderont les constats ou les expériences réalisées au plan national et s’interrogeront sur le devenir de la notion d’aptitude médicale et sur la rationalisation du suivi médical individuel.

    L’appel à communications porte prioritairement sur les initiatives mises en place tant en termes d’organisation que de communication pour faire face à leurs missions et pour décliner un projet de service. Le rationnel de la démarche, la méthode utilisée, l’identification et la mesure d’indicateurs pertinents et l’évaluation des résultats sont les critères – clés recherchés dans l’appel à communications pour ce thème.

  • → Thème 5 : Recommandations pour la bonne utilisation de la surveillance biologique des expositions professionnelles (à des agents chimiques)

    Robert Garnier, Catherine Nisse

    Groupe de travail : Damien Barbeau, Dominique Brunet (assistée de Fatoumata Sissoko), Mounia El Yamani, Bernard Fontaine, Robert Garnier, Yves Goujon, Laurence Labat, Anne Maitre, Catherine Nisse, Florence Pillière, Irène Sari-Minodier, Antoine Villa

    La surveillance biologique des expositions professionnelles (SBEP) est un élément fondamental de l’évaluation et de la surveillance individuelle des risques chimiques. Elle permet d’objectiver et de mesurer la contamination des personnes exposées, de guider d’éventuelles mesures de prévention et d’en apprécier l’efficacité. C’est aussi l’outil indispensable de la traçabilité collective des expositions au niveau d’un atelier, d’une entreprise, d’un secteur d’activité d’une région ou d’une nation pour l’identification de postes de travail, de pratiques ou de secteurs d’activité à risque élevé.
    Le Code du travail indique que c’est au médecin du travail qu’incombe la tâche de prescrire les examens médicaux nécessaires à la SBEP, de les interpréter et les restituer. Pour accomplir ses missions, il doit se référer aux recommandations médico-professionnelles de bonnes pratiques jusqu‘à présent inexistantes pour la SBEP.

    Les séances plénières traiteront des indications et des limites de la SBEP ; de la prescription et de l’organisation des explorations utiles à la SBEP ; de l’interprétation et de la restitution des résultats ; de leur conservation et de l’intérêt pour la prévention de leur centralisation.

    L’appel à communications porte prioritairement sur les initiatives des équipes de santé au travail en matière de SBEP : expériences de surveillance des expositions à des agents chimiques particuliers, intérêt pour l’organisation et le suivi d’actions de prévention, difficultés rencontrées dans l’organisation de la SBEP et/ou dans la restitution des résultats.

  • → Thème 6 : Urgences en santé au travail

    Alexis Descatha, Sylvie Rotthier

    Groupe de travail : Michel Baer, Marie Françoise Bourrillon, Alexis Descatha, Philippe Havette, Sylvie Ode, Sylvie Rotthier, Armelle Séverin

    L’actualité récente (terrorisme, gestion de l’arrêt cardiaque, Ebola, urgences psychiatriques liées aux risques psychosociaux) montre que nous ne sommes pas à l’abri d’évènements majeurs collectifs ou individuels. Néanmoins, la difficulté réside plus dans l’évaluation et la gestion de l’urgence relative (en plus de sa prévention) qui, de temps en temps, cache des détresses vitales ou fonctionnelles.
    Ainsi, le professionnel de santé est au cœur des urgences survenant dans l’entreprise dans laquelle il intervient en tant que conseiller de l’employeur. Il intervient notamment dans l’anticipation (prévention, formation des sauveteurs secouristes au travail, entrainement), la gestion de l’urgence quand il est présent et le suivi des personnes impliquées avec l’analyse des causes (prévention des récidives).
    Le binôme médecin-infirmier se réunit autour de la réalisation des protocoles et d’exercices. En travaillant en équipe, il est ainsi prêt quelle que soit l’urgence de la situation, tout en affirmant par là même sa position de professionnel de santé de l’entreprise.
    La session plénière abordera le partenariat entre Services de Santé au Travail et Samu, la mise en place raisonnée de protocoles pour la prise en charge des urgences en médecine du travail, les motivations et modalités de l’implantation du secourisme en entreprise, et fera un focus sur le cas spécifique de l’arrêt cardiaque en milieu de travail.
    L’appel à communications porte prioritairement sur des exemples de mise en place de protocoles d’urgences par des équipes en santé au travail (médecin, infirmier), de collaboration entre les différents partenaires de l’urgence et les Services de Santé au Travail, de mise en place d’une culture du secourisme, ou d’évaluation des pratiques dans le domaine de l’urgence en milieu de travail.

  • → Thème 7 : Cancers professionnels (polyexposition, connaissances actuelles, prévention, inégalités de genre)

    Jean-Claude Pairon, Christophe Paris

    Groupe de travail : Patrick Brochard, Jean-Claude Pairon, Christophe Paris

    Les cancers professionnels constituent toujours un thème d’actualité du champ santé travail en France.
    D’une part, leur poids demeure important, avec une estimation de 2000 à 5000 nouveaux cas annuels de cancers attribuables pour la seule nuisance amiante chez les hommes en 2012 ; même si les niveaux d’exposition ont globalement diminué au fil du temps, les situations d’exposition aux agents cancérogènes demeurent fréquentes, touchant environ 10% des salariés en 2010 d’après l’enquête SUMER. De plus ces expositions sont souvent multiples, et ces multi-expositions justifient le développement d’une réflexion spécifique à la fois d’un point de vue des connaissances mais aussi de la prévention; outre un renforcement des actions de prévention primaire, des protocoles de surveillance médicale basés sur les données scientifiques les plus récentes sont progressivement développés vis à vis des travailleurs ayant été exposés à des cancérogènes professionnels (fente olfactive, vessie, poumon). Les progrès thérapeutiques dans la prise en charge des cancers doivent de surcroit de plus en plus faire considérer ces pathologies comme une affection chronique, posant le problème des trajectoires professionnelles et du maintien dans l’emploi de personnes ayant eu un cancer.
    Les séances plénières aborderont notamment les connaissances les plus récentes acquises à partir des données expérimentales ou de l’épidémiologie sur l’effet des multiexpositions aux cancérogènes, les analyses réalisées concernant les trajectoires professionnelles après cancer, et sur les protocoles de surveillance actuellement préconisés après exposition à certains agents cancérogènes.

    L’appel à communications porte prioritairement sur les initiatives mises en place par les équipes de santé au travail, dans des champs aussi variés que le repérage des expositions professionnelles aux cancérogènes, les démarches mises en œuvre en pratique pour maitriser le risque cancérogène ou suivre les populations antérieurement exposées, et le maintien dans l’emploi de populations atteintes de cancer en général.

  • → Thème 8 : Sous-traitance et nouveaux secteurs professionnels à risque, activités précaires.

    Michel Héry, Ariane Leroyer

    Groupe de travail : Michel Héry, Ariane Leroyer, Sébastien Triopon

    Après avoir largement impacté les restructurations industrielles en France depuis plusieurs dizaines d’années, le recours aux entreprises extérieures semble aujourd’hui connaître des développements nouveaux : quand certaines entreprises vont toujours plus loin dans l’externalisation de certaines activités, d’autres, au contraire, ont recommencé à embaucher dans des métiers qu’elles avaient délaissé depuis 10 ou 20 ans. Les motivations de ces dernières peuvent être diverses : forte incitation d’une autorité de contrôle ou volonté de reprendre la main sur des activités stratégiques susceptibles à terme de les fragiliser économiquement ou techniquement Depuis les études STED, de nombreux débats animent la communauté scientifique et les préventeurs sur les conséquences de ces externalisations, notamment en termes de difficulté de conception de la prévention, de suivi des expositions ou de précarisation des personnels.

    L’appel à communications porte prioritairement sur les questions de précarisation, de coopération entre médecins du travail (ou plus généralement services de santé au travail) des entreprises utilisatrices et extérieures pour organiser la prévention dans un contexte où les entreprises extérieures ont souvent acquis une forte expérience au cours des années alors que les entreprises utilisatrices voyaient parfois la leur décliner. Des contributions sur l’importance croissante de la sous-traitance dans les activités du tertiaire (entretien d’immeubles, etc.) sont aussi attendues.